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L’état de la fraude à l'identité : secteur public

Auteur

Kirk Pepi

Publie le

May 5, 2026

Categories

Digital trust

Temps de lecture

5 min

Un graphique illustrant la vérification d'identité dans le secteur public

Si votre organisation gère des fonds publics ou des données de citoyens, la fraude à l'identité comporte des conséquences graves. L’enquête de Lumin menée auprès de 1 000 décideurs met en lumière la situation du secteur public face aux menaces de l’IA, aux enjeux de confiance dans l’eSignature et à la transition vers des identités numériques délivrées par le gouvernement.

Vous pouvez également lire cet article en Português, English, Tiếng Việt et Español.

Table des matières

  • 1. Moins exposé mais un risque significatif
  • 2. La menace de la fraude alimentée par l’IA sur les processus contractuels
  • 3. Un faible niveau de confiance dans les plateformes d’eSignature
  • 4. Le soutien à l'identité numérique
  • 5. Investir dans la vérification d'identité
  • 6. En savoir plus sur la fraude à l'identité

La fraude à l'identité est en hausse, mais les risques varient fortement selon les secteurs. Dans un nouveau rapport de Lumin, nous avons interrogé des décideurs dans trois pays afin de cerner quels secteurs sont les plus vulnérables, et comment ils réagissent face à ces enjeux.

Comparé à la plupart des secteurs privés, le secteur public déclare un taux relativement bas de fraude à l'identité. Toutefois, les personnes interrogées se disent très préoccupées par les fraudes liées à l’IA et leurs répercussions sur les processus contractuels. Ainsi, même si le profil de risque diffère de celui des entreprises privées, la menace reste bien réelle.

Pour des analyses similaires dans d’autres secteurs, consultez nos autres guides dédiés à la fraude à l'identité dans les services financiers, le conseil, les services juridiques et la santé.

Moins exposé mais un risque significatif

Lumin a récemment sondé 1 000 décideurs issus des secteurs des services financiers, du conseil, des services juridiques, de la santé et du secteur public aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Parmi ces secteurs, le public présente la deuxième exposition la plus faible à la fraude à l'identité, avec 25 % ayant signalé un incident au cours des 12 derniers mois. Seuls les services juridiques obtiennent un score encore plus bas (20 %).

Bien que le secteur public ait connu bien moins d'incidents de fraude à l'identité que les services financiers (80 %), le conseil (68 %) ou la santé (63 %), il est important de noter qu’un quart des organisations ont tout de même été touchées. Ce chiffre est significatif, surtout au vu de la quantité de données sensibles traitées chaque jour dans le secteur public.

Une grande part de ces données concerne les citoyens ou implique des fonds publics, ce qui rend le secteur particulièrement vulnérable aux fraudes. Un seul cas de fraude à l'identité, même isolé, peut avoir des conséquences majeures pour des organismes de l’État ou des collectivités, entraînant des infractions réglementaires et une perte de confiance du public. Dans le pire des cas, la fraude à l'identité peut perturber des services publics majeurs, privant certaines communautés de ressources essentielles.

Fait marquant, 84 % des décideurs publics déclarent qu’ils seraient moins enclins à collaborer avec une organisation ayant récemment subi une fraude à l’identité. Un taux bien supérieur à d’autres secteurs, tels que la santé (67 %) ou le conseil (64 %).

La menace de la fraude alimentée par l’IA sur les processus contractuels

Bien que l’exposition globale à la fraude à l'identité reste relativement faible dans le secteur public, la crainte des fraudes utilisant l’IA lors de la gestion de contrats et d’accords juridiques est élevée. Selon notre enquête, 59 % des décideurs du secteur public jugent leurs processus de contractualisation « très » ou « extrêmement » vulnérables aux menaces pilotées par l’intelligence artificielle, soit un taux supérieur à la moyenne intersectorielle (51 %). Cette inquiétude s’explique sans doute par la nature hautement sensible des données et actifs gérés, notamment les dossiers fiscaux et de santé.

La fraude à l’IA dans les processus contractuels peut prendre plusieurs formes, par exemple :

  • Signatures générées par IA imitant celles de vraies personnes
  • Faux documents d’identité parvenant à passer les contrôles de vérification
  • Faux enregistrements audio ou vidéo type deepfake imitant des responsables de confiance.

Si ces problèmes concernent aujourd’hui tous les secteurs, le public affronte des enjeux particuliers. De nombreux accords traitent la gestion et la distribution de fonds publics—une seule signature peut donc avoir un véritable poids juridique et civique. Si un document est falsifié ou si un officiel est usurpé grâce à l’IA, cela risque de fragiliser la confiance dans les institutions.

Un faible niveau de confiance dans les plateformes d’eSignature

Le secteur public est le deuxième plus gros utilisateur de plateformes d’eSignature dédiées, 63 % d’entre eux les utilisant comme première méthode pour collecter des signatures d’accords. Cette technologie fluidifie les processus contractuels en réduisant la paperasse et en accélérant les approbations.

Cependant, seuls 17 % des décideurs du secteur public affirment avoir une confiance totale dans les outils d’eSignature qu’ils utilisent actuellement—un taux inférieur à tous les autres secteurs à l’exception des services juridiques (10 %). Huit décideurs publics sur dix estiment que leur plateforme actuelle pourrait être améliorée.

Pourquoi ce manque de confiance ? Peut-être que la conscience accrue du secteur face aux menaces liées à l’IA le conduit à examiner ses outils de plus près. Des faiblesses de sécurité peuvent, par exemple, permettre à des fraudeurs d’exploiter les données publiques sensibles, entraînant des infractions règlementaires et une utilisation abusive des fonds.

Le soutien à l'identité numérique

Les identités numériques peuvent aider les agents publics à vérifier une identité lors des processus contractuels, réduisant tous types de risques de fraude. Leur fonctionnement : une administration ou un organisme privé agréé vérifie une identité une seule fois, puis délivre un identifiant vérifiable, ce qui permet d’alléger les vérifications manuelles à chaque signature d’accord numérique.

91 % des décideurs publics soutiennent la transition vers des identités numériques délivrées par le gouvernement, l’un des taux les plus élevés tous secteurs confondus. Interrogés sur les raisons de ce soutien, les répondants citent les bénéfices suivants :

  • Amélioration de la sécurité et réduction de la fraude (54 %)
  • Vérification d’identité plus simple (24 %)
  • Des services plus pratiques et efficaces (13 %)

Contrairement à certains secteurs privés, la sécurité constitue le principal avantage des identités numériques gouvernementales pour le public. Ce constat traduit la prise de conscience du secteur face à la fraude IA et aux risques pour les processus contractuels. Des infrastructures d’identification renforcées permettent de protéger les fonds publics, d’améliorer la conformité et de renforcer la confiance.

Investir dans la vérification d'identité

Toutes réponses confondues, 78 % prévoient d’accroître leurs investissements dans la vérification d'identité d’ici 12 à 24 mois. Dans le secteur public, ils sont 75 %. 53 % des décideurs prévoient une hausse « modérée » de leurs dépenses sur cette période, et 22 % une augmentation « significative ».

Cette évolution répond probablement à plusieurs dynamiques du secteur :

  • La sécurité et la réduction de la fraude sont perçues comme le principal bénéfice de l’identité numérique gouvernementale
  • Le manque de confiance dans les plateformes d’eSignature actuelles
  • La préoccupation persistante autour de la fraude assistée par l’IA.

En renforçant la vérification d’identité, le secteur public pourra mieux anticiper les menaces à venir et accélérer le contrôle des identités. Aujourd’hui, 50 % des organisations tous secteurs confondus consacrent entre une heure et plusieurs jours à la vérification d’identités, tandis que 21 % y passent plus de quatre heures par accord.

En savoir plus sur la fraude à l'identité

Le nouveau rapport de Lumin présente des analyses complémentaires sur la fraude à l'identité dans les secteurs des services financiers, services juridiques, conseil et santé. Téléchargez Identité numérique en entreprise : menaces, impacts et opportunités pour découvrir comment les décideurs réagissent face aux dernières évolutions.